- Voyages d'Ecrits -

Hélène Destrem - Auteure

 

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- Voyages d'écrits - Blog d'Hélène Destrem.

J'écris depuis l'enfance. Auteure, correctrice d'édition, j'exerce également un métier dans le milieu médical.

Je suis l'auteure de trois romans et d'un recueil de nouvelles, tous publiés désormais aux éditions Books on demand :

2012

 

 

- La Légende du futur, roman publié aux éditions Les 2 Encres en 2012 - 400 pages - genres historique et science-fiction ; roman réédité en avril 2017, chez BoD. - 392 pages.

- Éprise au piège, roman publié aux éditions Les 2 Encres en 2013 - 390 pages - genre contemporain. Roman indisponible, n'est plus commercialisé. Corrections en cours en vue d'une nouvelle édition pour fin 2018.

- Comptes à rebours, une romance à suspense, teintée d'érotisme, écrite à quatre mains avec Frédéric Daviken (visitez son site Web ICI). Roman paru le 15 juin 2017, pour la version d'Émilie - 156 pages, et paru le 21 juin 2017, pour la version de Malik - 176 pages, tous deux chez BoD.

- La Flamme, recueil composé de seize nouvelles, textes et poèmes, écrits au fil des ans en parallèle de mes romans. Deux ont été publiés précédemment, en 1997 et 2009, par d'autres éditeurs ; tous droits récupérés pour cette nouvelle édition. Les thèmes vont de la science-fiction à la romance, en passant par le fantastique. 156 pages. Paru le 22 décembre 2017 aux éditions BoD.

- Cinquième livre : roman de science-fiction, érotisme, suspense, qui se déroule entre Terre et espace. En ce 12 août 2018, la narration est TERMINÉE ! Le manuscrit compte 750 000 signes, espaces comprises, au 15 septembre 2018. Travail de finalisation en cours avant l'envoi à mes bêta-lecteurs. On vise l'édition pour 2019 ? Allez, on s'y jette !

Un auteur travaille rarement seul. Aussi me suis-je entourée de personnes compétentes et professionnelles avec lesquelles, au fil des ans, se sont nouées des relations de confiance et d'amitié. Ce sont :

- Bernard Morin, mon correcteur ;

- Yann Delahaie - Eacone, mon illustrateur. 

La bannière de ce blog est une création originale de Yann Delahaie, illustrateur, selon mon idée. Toute utilisation ou reproduction sur quelque support que ce soit est interdite sans mon autorisation.

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17 septembre 2018

"Les Gueules des vers", de Jean-Christophe Gapdy

Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu de science-fiction pure, de la "hard SF", comme on l'appelle. J'en avais été écoeurée il y a longtemps par un roman sans queue ni tête, dont je tairai le nom, que je n'ai jamais réussi à finir. Et il m'en faut, pour que j'abandonne la lecture d'un roman en cours...

Jean-Christophe Gapdy navigue sur Le Galion des étoiles depuis longtemps, tout comme moi. Il était normal que je m'intéresse un jour ou l'autre à l'un de ses nombreux voyages spatiaux. De précédents lecteurs ont su me convaincre que ce livre pourrait me réconcilier avec le genre : voir la fiche de lecture déposée sur Le Galion des étoiles. <<< Cliquez ici.

J'ai donc ouvert Les Gueules des vers avec une certaine appréhension... et je n'ai pas été déçue, c'est le moins que je puisse dire ! Ouvrir ce livre, c'est plonger avec Dick Hanson à l'intérieur de trous de ver effrayants, c'est être emporté à travers le temps et l'espace, se faire secouer dans tous les sens et en ressortir à la fois désorienté et fasciné ! Comme dirait Marty McFly (dans Retour vers le futur) : "On est où, là ? Et on est QUAND ?"

Les paradoxes temporels et les destins enchevêtrés m'ont quelque peu embrouillée au début. Puis, dès l'apparition d'une passionnante cyborge, je me suis laissée happer par le roman sans plus lui résister. Et je l'ai dévoré !

L'auteur nous y livre une description fascinante des trous de ver, presque hypnotique, et de leur "fonctionnement" probable, que Dick et Colorado tentent, tout au long de leurs aventures, de percer à jour. Quelle imagination ! Poussée dans les moindres détails ! Les accessoires des personnages et leurs évolutions au cours des deux siècles sur lesquels jongle le roman, sont tout simplement géniaux. Je rêverais d'avoir quelques-uns de ces gadgets performants !

J'ai été fort agréablement surprise par ce livre aux mille rebondissements, et je le conseille à tous les fans de paradoxes temporels, de voyage dans le temps et dans l'espace, d'IA, de découvertes et d'inconnu ! Je suis triste que ma traversée au milieu de l'univers s'achève déjà (bon, elle a duré 384 pages tout de même), mais je me console en songeant à la suite, sur laquelle travaille déjà cet auteur à l'imagination totalement démente !

Les Gueules des vers, de Jean-Christophe Gapdy.

Éditions Rivière blanche - 395 pages - 25 €

gueules des vers

 

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16 septembre 2018

Logorallye

Il s'agit d'un défi amusant qui consiste à écrire un court texte, de 15 à 20 lignes (manuscrites), en utilisant des mots imposés, de manière aussi naturelle que possible.

Pour l'exercice, les mots étaient : ornithorynque - jubiler - pélican - applaudir - voyager - oreiller - placard.

Je suis partie en voyage, du coup. 

Voyage au Japon

Mon ami et moi avions décidé, cette année, de voyager un maximum. Lors d'une soirée bien arrosée, il avait posé la mappemonde sur la table basse, au milieu des verres. Je lui ai lancé : "Là où tombe mon doigt, on y va !". Il a fait tourner la Terre. D'un geste déterminé, j'ai posé l'index sur... le Japon ! Alexis a aussitôt jubilé. Depuis le temps qu'il en rêvait !

Quatre jours plus tard, nous découvrions notre hôtel. L'hôtesse d'accueil nous a annoncé qu'une grande fête aurait lieu, justement ce week-end, et que, pour l'occasion, des déguisements nous attendaient dans le placard de notre chambre. Ravis et excités, nous sommes montés à toute allure. Après avoir jeté nos sacs sur les lits, nous avons ouvert le meuble en grand et en avons sorti de drôles de tenues : un costume de pélican et un autre d'ornythorinque ! Nous les avons revêtus et avons éclaté de rire en nous découvrant l'un l'autre. J'ai saisi l'oreiller le plus proche et le lui ai jeté à la figure. Notre séjour commençait bien !

Le soir venu, nous avons rejoint les milliers de personnes déguisées de façon hétéroclyte. Au milieu des musiques festives, nous avons applaudi d'émerveillement lorsque les premières étoiles du feu d'artifice ont explosé au-dessus de nos têtes.

- Hélène Destrem - 

 

cosplay au Japon

Cosplay au Japon - Photo du Web.

 

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03 septembre 2018

Séances de dédicaces et autres événements

Je vous souhaite à toutes et tous une bonne rentrée ! J'espère que vous avez passé de belles vacances et que vous avez bien profité de la chaleur et du beau temps. 

Avec la rentrée, c'est reparti pour les séances de dédicaces, festivals et événements particuliers au cours desquels vous pourrez me rencontrer et découvrir mes romans : La Légende du futur, Comptes à rebours et le recueil La Flamme. Et peut-être la nouvelle édition d'Éprise au piège en fin d'année.

Voici les dates pour cet automne 2018 :

13 et 14 octobre : Festival Féérika, au château de SOLLIES-PONT (83 - Var).

feerika 2018

 

 

Du 30 novembre au 02 décembre : salon Fémin'Art, au Palais Neptune à TOULON (83 - Var).

salon feminart 2018

 

J'espère vous y voir nombreuses et nombreux. À très bientôt !

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24 août 2018

Le coin des Lecteurs d'"Éprise au piège"

Éprise au piège est mon deuxième roman, le deuxième à avoir été publié par feu la maison d'édition Les 2 Encres. Les informations sur cette édition sont à lire sur cette page, ICI. <<< cliquez sur le lien.

Paru en 2013, ce roman aura vécu deux ans sous sa première édition. De l'eau a coulé sous les ponts depuis. J'ai écrit une romance érotique à suspense avec un ami, Comptes à rebours, et un recueil de nouvelles, La Flamme, publiés chez Books on Demand, à l'instar de mon premier roman La Légende du futur. Mon cinquième livre est en cours de finalisation.

J'ai toujours prévu de corriger Éprise au piège en vue d'une réédition, chez BoD aussi. J'ai toujours repoussé l'échéance ; reprendre ce livre est pour moi un exercice particulièrement difficile, pour les raisons que vous comprendrez en le lisant, ou lorsque vous le lirez.

Je me suis fixé la fin de l'année 2018 pour le faire reparaître. Ça me laissait du temps pour trouver le courage de m'y remettre.

Aujourd'hui, je suis allée faire un tour sur Amazon, plus précisément sur la page de ce roman quelque peu délaissé et qui est, depuis 2015, proposé uniquement d'occasion, forcément. Et là, surprise ! J'y ai découvert le commentaire d'un lecteur déposé le 12 août 2018 ! 

Moi qui n'ai conservé aucun commentaire de lecteurs "de l'époque", alors que vous avez été près de 770 à l'acheter et certainement plus à l'avoir lu, c'est le petit coup de pouce qu'il me fallait pour mettre en place "le coin des lecteurs" de mon deuxième roman et préparer avec sérieux sa prochaine édition.

Merci donc à "Paul", premier lecteur à faire revivre mon Éprise au piège depuis 2015. <3

Pour ceux qui l'ont déjà lu et qui souhaiteraient me communiquer leurs avis, merci d'aller les déposer directement sur Amazon, ou en commentaire sur cette page. 

À très bientôt pour la réédition !

EaP 2e édition

Illustration de Yann Delahaie - illustrateur.

Avis des lecteurs :

Paul - 12.08.18 : Alors moi j'ai dévoré ce livre il y a 4 ans déjà. Une histoire vraie, poignante, qui ne devrait jamais arriver. C'est un véritable cauchemar que personne ne devrait subir. Je conseille vivement : une fois commencé, vous n'aurez qu'une envie, d'aller jusqu'au bout !

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17 août 2018

Claque électrisante

Manuel était con. Aucun adjectif ne pouvait atténuer ou renforcer ce nom. Il était con et c’était bien suffisant.

Cadre dans une grande entreprise, il léchait les bottes de ses supérieurs et chiait sans vergogne sur son équipe. Il était méprisé par les premiers et détesté par les seconds. Il n’avait aucun ami. Sa vie sentimentale n’était pas plus reluisante. Il recherchait la femme idéale. Celle qui resterait à la maison, lui concocterait de bons petits plats, et s’occuperait de leurs enfants. Il gagnait bien assez pour offrir à sa future épouse le luxe de ne pas travailler. Las, il ne tombait que sur des greluches qui ne comprenaient pas son potentiel ! Toutes refusaient le destin fabuleux qu’il leur offrait. Elles préféraient le quitter, lui, plutôt que leur boulot ! Il en croisa une ou deux qui auraient accepté ses projets, pourtant, mais elles étaient ou trop laides ou trop bêtes. Il était impensable pour son image de marque qu’il épousât autre chose qu’une femme qui dégageait classe et beauté. Le drame était que ces femmes-là, trop indépendantes, jetaient invariablement sa vision du couple aux orties, et lui avec.

 

L’existence de Manuel finit par devenir vide de sens. Il le réalisa un soir, alors qu’il lisait un roman dans lequel le héros vivait mille péripéties. Aucun ami ne l’entraînait dans des aventures rocambolesques ; il avait perdu de vue tous ses camarades de lycée et de fac, obnubilé qu’il avait été par sa seule carrière et n’ayant aucun goût pour les divertissements. Aucune de ses conquêtes éphémères ne le mêlait à des situations invraisemblables et des quiproquos farfelus ; il ne se préoccupait jamais de leurs soucis, de leurs fantaisies, d’elles-mêmes. Ce soir-là, son égocentrisme lui éclata à la figure.

L’orage grondait au-dehors. Manuel décida qu’il était temps d’en finir avec cette vie stupide. Il posa son livre sur le canapé, se leva et se dirigea vers la salle de bains. Il se dévêtit et jeta ses frusques hors de prix sur la cuvette des toilettes qui jouxtait la baignoire. Il se fit couler un bain. Il se tourna ensuite vers un placard. Il en sortit un sèche-cheveux ; cadeau qu’il avait généreusement offert à l’un de ses coups d’un soir, dans le but vain de convaincre la donzelle de rester. Manuel brancha l’appareil au-dessus du lavabo, l’alluma et le posa sur le rebord. Il grimpa dans la baignoire, où il s’immergea quelques minutes. Il se redressa et saisit le sèche-cheveux de sa main trempée.

Manuel ressentit un grésillement le traverser, une brûlure, puis tous ses muscles se raidirent. Loin de lâcher l’engin de mort, sa main se crispa dessus. Son corps fut secoué de spasmes. Une douleur atroce le traversait de part en part. Sa tête heurta violemment le pommeau de la douche. Sa main libéra le sèche-cheveux qui pendit, inerte, à l’extérieur de la baignoire. Il glissa dans la baignoire. Avant de s’évanouir, toutes les personnes qu’il avait croisées dans la journée défilèrent dans son esprit.

Un SDF quémandant quelques piécettes, au sortir du parking souterrain, et qu’il avait ignoré avec mépris, comme chaque matin, comme la plupart des gens.

Un enfant, tenu par la main par sa maman, qu’il avait bousculé, tout simplement parce qu’il ne l’avait pas vu. Au lieu de s’excuser, il avait reproché à la mère, avec une mauvaise foi agressive, de ne pas savoir tenir son gosse. La mère l’avait traité de « pauvre con », ce qui n’était pas le cas vu son aisance financière. Il avait rétorqué un « Retourne dans ta cuisine ! » qui avait estomaqué la mère, mais aussi les passants.

Une collègue, timide et nouvelle venue dans l’entreprise, qui avait revêtu pour la première fois un tailleur qui lui avait coûté un bras, afin de se fondre dans l’entreprise, d’être corporate, comme on dit. Manuel, en la croisant dans un couloir, s’était retourné sur son passage et l’avait sifflée avec admiration, tel un looser en jogging et casquette. La fille s’était retournée, un regard outré pourfendant l’air jusqu’à lui, puis s’était ravisée en réalisant qu’il s’agissait de l’un de ses nouveaux patrons. Manuel avait profité de sa position pour asséner un : « Vous m’apporterez un café, mon p’tit ! Et dégrafez-moi ce bouton, là, vous respirerez mieux ! », avait-il achevé en montrant du doigt le haut du chemiser de la jeune femme. Il s’était détourné en sifflotant, tout fier d’avoir fait rougir la fille. Elle n’avait pas viré au cramoisi sous l’effet d’une quelconque séduction, mais sous l’effet de la colère violente qui lui était montée au nez suite aux propos humiliants.

L’abomination de son attitude explosa dans l’esprit de Manuel en même temps que l’électrisation. Puis ce fut le black-out.

 

Manuel repris conscience beaucoup plus tard. Il était allongé dans un lit d’hôpital. Une infirmière, ravie de le voir se réveiller, lui appris qu’il s’était électrocuté dans sa baignoire et que c’était un voisin qui avait appelé les secours. L’électrisation avait fait sauter les plombs dans tout l’immeuble et une odeur nauséabonde se dégageait de son appartement. Les pompiers étaient arrivés à temps et avaient pu le sauver. Manuel était gravement brûlé à la main droite et aux pieds, entrée et sorties du courant électrique. L’infirmière ne lui parla pas, à ce moment-là, des séquelles qu’il conserverait de son « accident ». Manuel s’en rendit compte bien assez tôt. Il allait rester paralysé de la main et d’une partie du bras droits, il avait en sus perdu une certaine mobilité à partir du bassin.

La rééducation fut longue et douloureuse, surtout pour son moral. Pendant ces journées interminables passées à panser son corps, il eut tout le loisir de réfléchir à l’homme odieux qu’il avait été. Pour la première fois de sa vie, éjecté hors du grand-huit de la vie quotidienne, il avait l’occasion de prendre du recul et, fait nouveau, de se mettre à la place des gens. Ses œillères volèrent en éclats. La monstruosité de sa conduite et de ses mots le plongèrent dans un profond abattement. Durant plusieurs jours, il se mura dans le mutisme, à tel point que ses soignants pensèrent que l’électrisation lui avait fait perdre la parole. Il les détrompa lorsqu’il refusa de se plier aux exercices de rééducation ad hoc.

Manuel fut bientôt autorisé à regagner son appartement. Il se déplaçait avec une canne. Sa jambe gauche était raide, lourde, et risquait de ne jamais retrouver sa vigueur d’avant. Sa main droite ne pourrait plus jamais tenir de stylo, ni lui permettre de conduire, ni d’effectuer les gestes du quotidien. Son coup de folie d’un soir avait fait basculer son existence dans une autre dimension ; celle du handicap, celle de la lutte quotidienne pour toutes ces choses qui lui étaient aisées auparavant.

Il demeura de nombreux jours prostré chez lui, à adapter les activités les plus banales à sa main gauche et à sa claudication.

 

Enfin, Manuel appela un taxi. Il avait assez réfléchi. Il s’était assez lamenté sur son sort. Il ne tenait qu’à lui de réparer ses erreurs, seule solution pour s’extraire de l’état dépressif dans lequel il plongeait un peu plus chaque jour. Il demanda au taxi de le déposer à l’entrée du parking de son entreprise. Il quitta le véhicule péniblement et se dirigea lentement vers le mendiant. Celui-ci ne le reconnut pas de prime abord. Pour la première fois en trois ans, il ne réclama pas d’argent. Et pour la première fois en trois ans, Manuel s’intéressa au sans-logis. Il s’assit par terre à côté de lui, sans rien dire. Il tira son portefeuille de sa sacoche et lui tendit deux billets de cinquante euros.

—   Ce n’est pas grand-chose, mais c’est tout ce que j’ai comme espèces ce matin.

L’homme posa sur les billets, puis sur Manuel, des yeux écarquillés. Manuel demanda :

—   Vous avez soif ?

—   Oui… répondit l’homme d’une voix grêlée.

Manuel tira de sa sacoche une bouteille d’eau, une de bière et deux verres. Après s’être tous deux désaltérés, ils trinquèrent.

—   Que faisiez-vous dans la vie, avant ? demanda Manuel après avoir avalé une gorgée de bière.

—   Chauffeur poids-lourds. J’ai été licencié et je n’ai pas pu rembourser plusieurs prêts. Ma femme m’a quitté. Je me suis retrouvé à la rue et ensuite…

Ensuite il avait fini dépouillé sur le trottoir. Une descente aux enfers comme il en arrivait des milliers.

—   Depuis mon accident, je ne peux plus conduire, commença Manuel en levant sa main inerte. J’ai besoin d’un chauffeur. Ça vous intéresse ?

Abasourdi par la proposition inattendue, l’homme ne put que bredouiller un « oui » rauque.

—   Parfait ! s’exclama Manuel. Je vous donne rendez-vous demain, neuf heures, à cette adresse.

Manuel lui tendit une carte de visite sur laquelle il griffonna son adresse personnelle et la tendit à l’homme dont les yeux rougeoyaient d’émotion. Le nom de l’entreprise pour laquelle Manuel travaillait était gravé en relief et en lettres brillantes : IA Robotics. Il regarda son bienfaiteur se lever difficilement, s’empressa de lui donner un coup de main. Manuel s’éloigna tranquillement en direction de l’immeuble où son travail l’attendait. Il eut l’impression que son corps était moins lourd qu’à son réveil, que sa canne était moins gênante, que son esprit était plus clair. Au milieu des passants, il se mit à sourire.

 

Il atteignit son étage peu après 9 h 30. Une porte s’ouvrit devant lui. Sa nouvelle collègue en émergea en coup de vent. Lorsqu’elle le vit, elle s’arrêta net. Elle avait eu connaissance de son accident, qui l’avait maintenu à l’écart de l’entreprise pendant trois semaines. Trois semaines de tranquillité bienvenue. Elle se décomposa en comprenant que les « vacances » étaient terminées. Manuel sourit tristement et avança vers elle. Il la salua d’un « bonjour » pâle. Il n’émit aucune remarque sur sa tenue vestimentaire, qui lui allait à ravir et qu’elle avait, comme d’habitude, choisie avec goût. Parvenu à sa hauteur, il lui proposa :

—   Je vais me faire un café. Je vous en offre un ?

La jeune femme n’en crut pas ses oreilles. Elle hésita, puis accepta. Devant la machine à café, alors que le liquide coulait dans un gobelet, il lui dit :

—   Je vous demande de m’excuser pour mon comportement. J’ai été odieux, un vrai goujat. Mon attitude est inqualifiable et a dû vous peser...

Il lui tendit son café, appuya sur le bouton pour enclencher un deuxième breuvage. Elle ne répondit pas et considéra son verre. Il saisit son propre gobelet. Ils se dirigèrent à une table en hauteur. Manuel rompit le silence gêné entre eux.

—   Je vous promets que cela ne se reproduira plus. Je vous prie d’accepter mes excuses.

—   Monsieur, vous êtes le premier à me dire cela. Bien sûr que j’accepte vos excuses ! Je suis soulagée de les entendre !

—   J’en suis heureux.

Ils vidèrent leurs verres. Manuel repris :

—   Vous avez été engagée pour renforcer l’équipe qui élabore la nouvelle IA pour le drone Bêta-408, c’est bien cela ?

—   Tout à fait. Nous avons beaucoup progressé, à ce propos.

—   Parfait. Ayant été absent pendant longtemps, j’aurais besoin que vous veniez me parler de vos progrès. Préparez-moi un petit résumé et venez dans mon bureau, avec Chris et Samia, à 10 heures. Que chacun m’expose ses points de vue et les possibilités de progression du projet.

—   Merci Monsieur ! fit la jeune femme, consciente de l’importance de cette réunion inopinée. Nous serons au rendez-vous !

Ils se serrèrent la main. Manuel gagna son bureau soulagé d'avoir réussi à se faire pardonner. Un sentiment de plénitude l'accompagna toute la journée.

 

Le lendemain matin, Manuel cherchait des yeux un enfant et sa mère à travers la foule. Il les avait souvent vus et savait qu’elle conduisait tous les jours son petit à l’école du quartier. Il la vit arriver, se garer non loin, descendre de voiture et prendre le garçon par la main. Ils traversèrent et vinrent dans sa direction. Manuel se tenait debout, dans un coin, adossé tant bien que mal contre un poteau. La femme allait passer devant lui sans le voir, toute préoccupée qu’elle était par l’heure de rentrée en classe. Le petit sautillait de droite et de gauche, tout guilleret. Manuel la héla :

—   Excusez-moi, Madame !

La femme s’arrêta net, stoppant par là même l’élan de son enfant, qui rouspéta aussitôt. Reconnaissant l’impoli personnage, elle se renfrogna et conserva une distance prudente entre eux.

—   Madame, je dois vous présenter des excuses pour mon comportement de l’autre jour. J’ai été totalement con et je vous demande de me pardonner.

Il n’attendit pas la réponse et lui tendit de sa main gauche un joli bouquet de fleurs, qu’il avait tenu dissimulé derrière son dos. La femme en eut le souffle coupé, tant cet homme avait un comportement diamétralement opposé, et toujours dans l’excès.

—   Ne croyez pas que j’irai m’enfermer dans ma cuisine pour autant ! s’exclama-t-elle ironique.

—   Non ! Bien sûr ! rit Manuel. Surtout pas. Ne voyez dans ces fleurs que la preuve de ma contrition.

—   Je les accepte volontiers, dans ce cas.

Ce fut alors qu’elle remarqua la canne de Manuel, dont il se saisit de la main gauche pour quitter l’appui du poteau. Il la remercia. Il adressa un au-revoir à l’enfant, puis salua la mère, avant de s’éloigner. Il se sentit heureux comme il ne l’avait jamais été auparavant. Heureux, soulagé, léger. La femme le suivit du regard un long moment, désemparée, comprenant ce qui avait transformé le malotru en galant. Son fils la tira par la main pour lui rappeler les impératifs scolaires.

 

Du moment où Manuel s’intéressa aux autres, sa vie s’en trouva transformée. Son existence se remplit de la présence et des rires des personnes auxquelles il accordait de l’importance et de l’intérêt. Son propre égo avait rejoint une place plus modeste, plus mesurée. Son chauffeur devint son ami. Ses collègues, heureux de son revirement d’attitude, l’entraînèrent dans des week-ends invraisemblables de canyoning, de balades où rien ne se passait comme prévu, de voyages époustouflants. Il aida la mère célibataire à monter son entreprise. Manuel n’avait toujours pas rencontré la femme de sa vie, mais il ne la cherchait plus. Il ne nourrissait plus d’idées stéréotypées et rétrogrades à ce sujet. Sa vie fleurissait de mille couleurs et c’était déjà bien plus que ce dont il rêvait avant sa tentative de suicide.

Manuel était bon. Aucun adjectif ne pouvait atténuer ou renforcer ce nom. Il était bon et c’était bien suffisant.

 

- Hélène Destrem -

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15 août 2018

RELECTURE et CORRECTION de tous types de documents : un métier, ma passion

Auteurs de nouvelles, de romans, de textes divers ; particuliers ; étudiants ; entreprises, vos écrits ont besoin d'être impeccables afin d'être lus, compris, diffusés et appréciés.
Le correcteur entre en scène pour rendre vos productions écrites impeccables, professionnelles, et donner à vos manuscrits les meilleures chances d'être remarqués par un éditeur et donc publiés.
Ouvrages d'art, romans, guides pratiques, études scientifiques… Pour passer de l'un à l'autre, le correcteur doit faire preuve d’une solide culture générale et d’une grande ouverture d’esprit.
De la correction simple (orthographe, grammaire, conjugaison) au travail en profondeur de réécriture et de mise en page, le correcteur fournit un travail sérieux et accompli dans le respect de la langue française.
Attentif à la forme autant qu'au fond, il procède à une lecture à plusieurs niveaux, à la fois technique et critique.
Quelles sont les étapes de correction d’un manuscrit ?
En quoi consistent-elles précisément ?
Quel est le temps moyen passé à chaque étape ?
1. PRÉPARATION de COPIE - 6000 à 8000 sec/heure
(sec = signes espaces comprises)
  • lecture critique du texte ;
  • vérification des faits énoncés ;
  • contrôle de la logique du texte, de la pertinence des titres
  • contrôle de la cohérence des dialogues et des personnages ;
  • contrôle de la qualité littéraire (avec harmonisation du style) : reformulations proposées et commentaires effectués en marge du texte ;
  • mise aux normes typographiques : vérification de la ponctuation, des espaces typographiques (espaces insécables, fines insécables, etc.),
    structuration du manuscrit selon la charte typographique éventuellement établie et les règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale ;
  • correction proprement dite (avec un travail de réécriture plus ou moins important selon la qualité du manuscrit et selon la demande de l'auteur) ;
  • vérification de la grammaire, de l'orthographe, de la conjugaison, de la syntaxe, des accords ;
  • harmonisation des niveaux de langue ;
Les corrections sont apparentes grâce au suivi des modifications sous Word.
Des commentaires éventuels sont inscrits en marge du texte, pour expliquer une correction ou proposer une reformulation.

IMPORTANT : sauf en cas de demande de réécriture d’un manuscrit, toute correction se fait dans le respect du style de l’auteur.
Précision : je ne suis pas adepte de la "nouvelle orthographe". "Eléfant" et autre "ognon", par exemple, n'ont pas leur place dans mon travail.
2. RELECTURE et CORRECTION - 10 000 à 12 000 sec/heure
(après étape de préparation de copie)
(effectuée dans l’idéal par un correcteur différent du premier)
  • relecture complète, suppression des coquilles ;
  • vérification de la syntaxe ;
  • vérification du respect des normes orthotypographique et grammaticales ;
  • contrôle de la mise en pages et de la structure.
***********************************************************************************

Le tarif pour des travaux de correction pour un correcteur salarié est de l’ordre de 12 à 15 € net de l'heure (+ 8,33 % + congés payés).

Le tarif pour des travaux de correction pour un correcteur indépendant est de l'ordre 12 à 15 € net de l'heure (sans congé payé, sans statut salarié) :

Ces travaux sont rémunérés en fonction de la longueur du texte corrigé, qui se calcule en nombre de signes : on compte en moyenne 8 000 signes de l'heure en préparation de copie, 12 000 signes de l'heure en relecture et 18 000 en BAT (Bon À Tirer : forme finale du manuscrit avant impression et/ou diffusion sous forme d'e-book).

Quand il faut réécrire le texte, le correcteur-rewriter négocie un tarif plus élevé, au cas par cas en fonction de l'ampleur de la tâche.

Il est également possible d'établir un tarif à la pagen : 2 € par page.

Dans tous les cas, un devis sera proposé.

TARIFS moyens en préparation de copie :
300 000 sec (environ 50 000 mots) : 37 à 50 h de travail
rémunération nette : 560 à 750 €
400 000 sec (environ 65 000 mots) : 50 à 65 h de travail
rémunération nette : 750 à 980 €
500 000 sec (environ 85 000 mots) : 65 à 85 h de travail
rémunération nette : 980 à 1 275 €
***********************************************************************************
FORMATIONS :
Fin 2018 : Formation d'animatrice d'ateliers d'écriture.
2014 :          Formation d'écrivain public auprès du CNED.
2009 - 2010 : Formation de correctrice d'édition auprès du Centre d'Écriture et de Communication - Paris.
EXPÉRIENCES :
2016 à aujourd'hui :
Production, correction et réécriture de documents médicaux (travail salarié) ;
Corrections de thèses scientifiques et de médecine (chirurgien-dentiste, cardiologue, etc.).
2010 à 2016 :
Corrections de romans pour des maisons d'éditions ;
Corrections de romans pour des particuliers qui ont publié en auto-édition, et avant envoi aux maisons d'édition.
- Hélène Destrem - 
Écrivain et correctrice d'édition

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05 août 2018

Nouvelle d'autofiction

Autofiction = récit qui consiste à prêter à des personnes réelles des événements fictifs. La fiction se mélange au vécu et offre de nouvelles possibilités de développement.

Je me suis prêtée à ce petit exercice d'écriture, dont je vous livre ci-dessous le produit, en moins de 6000 signes.

couple

DUALITÉ

 

Vous êtes-vous déjà senti incomplet, comme amputé d’une partie de vous-même, sans savoir ce qu’il manquait à votre existence pour être en équilibre ? Avez-vous cherché à combler ce manque en testant toutes sortes de choses, dans toutes les directions, quitte à refuser d’admettre une évidence que vous connaissiez depuis longtemps ?

Poser mes doigts sur la peau d’une femme, effleurer ses courbes, sentir la douceur de son corps, j’en rêvais ! Sensualité, charme, élégance, séduction, tout ce qui se dégage du corps féminin m’attire, m’envoûte, m’hypnotise, me fascine. Si proche et si inaccessible en même temps…Il est si facile de conquérir un homme et si délicat d’approcher une femme ! Je sais ce qu’un homme éprouve, intimidé, désemparé, hésitant, face à une femme convoitée. Quel exercice périlleux que celui d’engager une conversation des plus banales sans se dévoiler dès les premiers mots, tout en semant des indices sur nos intentions !

Un jour, l’une d’elles fut là, devant moi, parce qu’elle voulait savoir ce que « ça » faisait de faire l’amour avec l’une de ses semblables. Nue devant moi, elle m’encouragea du regard et s’allongea, dans l’attente de ma présence. Je me penchai sur elle. Maladroitement mes mains se posèrent sur sa peau et commencèrent à l’effleurer. La sentant réagir sous mes caresses, je m’enhardis et déposai mes lèvres sur sa cuisse, entre ses cuisses… Ma langue se fit audacieuse. Son goût me surpris, me plut, m’envoûta. Elle gémit. Mes baisers remontèrent sur son ventre, à la recherche de sa poitrine que ma main caressait. Quelle douceur que ce contact ! Quelle étonnante différence de sensations entre le toucher de sa poitrine et la mienne ! Tendresse et volupté extrêmes. Immobile, elle se laissait faire. Elle profitait de mes caresses sans m’en donner en retour. Cet égoïsme me désarçonna. Je poursuivis mes explorations, laissant ma main redescendre entre ses cuisses et susciter chez elle un nouveau soupir comblé. Elle ne me toucha toujours pas pour autant. Le pincement de la frustration commença à me ronger. Je ne souhaitais pas jouer le rôle la vestale initiatrice sans rien recevoir en retour. Le sexe n’est-il pas censé être partagé ? Ma bouche s’approcha de son oreille et je lui soufflai :

— Tu aimes ?

— Oui, murmura-t-elle de façon à peine audible, sans ouvrir les yeux.

— J’aimerais que tu me caresses aussi.

Ses mains, hésitantes elles-aussi, se posèrent enfin sur mes hanches, sur mes seins. Je frémis de plaisir à chaque contact. Sa bouche à son tour alla explorer chaque parcelle de ma peau, tandis que mes mouvements à son endroit poursuivaient leur danse. Notre étreinte prit une autre dimension, celle du plaisir partagé. Les caresses furent avides, mais tendres, précises mais pas violentes. Je découvris auprès d’elle un amour bien différent de celui que j’échangeais avec les hommes et où s’exprimait toujours un rapport de domination – rapport que j’affectionnais, au demeurant. Les deux commerces étaient différents, les deux m’étaient nécessaires ; cela me sauta aux yeux à cet instant.

Mon cœur chavira, mon horizon explosa, mon univers bascula. Il y avait un avant, il y aurait un après. J’étais enfin complète, entière, moi.

Ce fut alors qu’elle s’éloigna. Aussi subitement qu’elle s’était offerte à moi, elle se referma comme une huître. Elle avait testé l’amour avec une femme et cela ne lui avait rien apporté « de plus ». Je la vis se rhabiller comme l’on ferme une porte sur un possible à peine entrevu. Elle partit sans se retourner. Ma dualité à peine révélée saigna d’être si brutalement abandonnée.

Je me perdis en vains transports, dans l’espoir de revivre ce à quoi je venais de goûter… Je tombai sur des lesbiennes extrémistes qui nourrissaient une haine féroce contre les hommes et voulaient me les faire définitivement oublier. Je me heurtai à des hétéros convaincues qui ne juraient que par les échanges de fluides avec les hommes et pour lesquelles la seule idée de toucher le corps d’une autre femme était répugnante. Toutes ces femmes caricaturales me découragèrent.

Ma quête semblait ne jamais devoir aboutir et, telle le roi Arthur, je désespérais de ne jamais découvrir mon Graal, mon amante, mon âme sœur.

Soudain elle apparut, improbable vision venue égayer un jour d’une morne banalité. Tout simplement, elle était là. Mon amour de jeunesse, cette amie aux cheveux roux qui avait fait chavirer mes 17 ans et à laquelle je n’avais jamais pu livrer mes sentiments. Mon cœur battait à tout rompre lorsque, assises côte à côte sur son lit, nous écoutions un CD de Jean-Jacques Goldman.

Elle était là, penchée sur des disques, dans l’un des rayons du centre culturel que j’avais l’habitude de fréquenter, comme si vingt ans ne s’étaient pas écoulés. Elle sentit sur elle mon regard et leva les yeux dans ma direction. Comme elle était belle ! Ses yeux bleus illuminaient son visage parsemé de tâches de rousseur, ses traits gracieux n’avaient guère changé, à peine étirés par les années, magnifiés par ses longues boucles de feu qui tombaient délicatement sur sa poitrine. Mon cœur s’emballa, ma voix tressaillit…

— C’est… c’est bien toi ?

Un immense sourire se dessina sur ses lèvres lorsqu’elle me reconnut à son tour. Contre toute attente, elle se jeta dans mes bras et m’enlaça. Je lui rendis son embrassade, la serrai sur mon cœur. Le temps s’arrêta autour de nous ; magiques retrouvailles. Sans que je puisse les retenir, des larmes roulèrent sur mes joues. Et là, je l’entendis prononcer les plus beaux mots du monde :

— Comme je suis heureuse de te revoir ! J’ai si souvent pensé à toi !

Je me reculai, essuyai mes larmes d’un revers de main maladroite, afin de la regarder pour m’assurer qu’elle était bien réelle. Elle me prit par la main, de sa main chaude et douce dont le souvenir me revint aussitôt. Je me laissai entraîner dans le sillage de sa chevelure rougeoyante. Avec elle, tout était simple et naturel, comme avant. Enfin capable de l’avouer, je murmurai :

— Je t’aime, Alexandra…

 

- Hélène Destrem - 

 

deux femmes

 

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31 juillet 2018

Le soupir

La forêt me manque. Son calme, sa fraîcheur.

Ici, tout n'est que cris, moteurs enragés, bruits incessants. 
On étouffe sous les fumées des bateaux et les gaz d'échappements.
Là-bas, le bruissement des feuilles apaise les âmes stressées.
Il suffit de fermer les yeux et d'écouter la nature pour se sentir inondé de sérénité.
L'air sent bon la mousse humide et le bois vivant.
Les pensées s'envolent au gré du vent...

La forêt me manque. Même ses hivers et leur rigueur.
- Hélène Destrem - 

cerf

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14 juillet 2018

Du Courage

J’en ai fait des erreurs et des mauvais choix,

J’en ai dépensé de l’énergie et de l’argent, inutilement.

J’ai été malmenée, bafouée, trompée, arnaquée, trahie.

Telle une aventurière perdue au milieu d’une hostile forêt enténébrée,

J’ai tâtonné dans maintes directions, en quête d’une issue à cette mélasse malfaisante.

Presque toutes ont mené à des impasses, des faux-semblants, des pièges.

Presque toutes ne m’ont apporté que déceptions et souffrance.

Une seule est vraie, une seule me guide depuis toujours ;

Les mots sont mon royaume, l’écriture est ma lumière.

Je sais depuis toujours quel chemin prendre ; le moyen d’y accéder me fait encore défaut.

Un nouvel obstacle est apparu. Un fossé se dresse entre ma lumière et moi,

Je dois bâtir le pont qui me permettra de le franchir.

Là, au bord de la falaise, j’évalue la distance à combler, je jauge l’abime qui me défie.

Il est sombre, il rugit de son souffle sardonique.

Il a réussi à m’impressionner à maintes reprises, jusqu’à me détourner !

Je me suis épuisée à l’éviter durant trop longtemps.

En ce jour, je me présente face à lui, résolue à l’affronter.

Je trouverai les outils pour construire de quoi te franchir, je les inventerai s’il le faut !

La flamme n’a plus peur du vent, elle se servira de lui pour s’envoler vers sa destinée.

 

- Hélène Destrem -

warrior

Artiste : John Wallin Liberto

 

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